AISNE-INFO
26 octobre 2026

Aisne : le retour à 90 km/h sur les routes départementales à l’étude

Aisne : le retour à 90 km/h sur les routes départementales à l’étude

Le Conseil départemental de l’Aisne engage une réflexion sur le rétablissement de la limitation de vitesse à 90 km/h sur une partie de son réseau routier. Annoncée par son président, Pierre-Jean Verzelen, cette démarche doit permettre d’évaluer les conditions d’un éventuel retour à l’ancienne limitation, huit ans après l’instauration du 80 km/h. Les premières conclusions sont attendues en mars 2027.

 

Depuis son entrée en vigueur en juillet 2018, l'abaissement de la vitesse maximale autorisée de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central n'a jamais véritablement fait l'unanimité. Présentée à l'époque par le gouvernement comme une mesure destinée à réduire la mortalité routière, cette décision avait suscité de nombreuses réactions, particulièrement dans les territoires ruraux où la voiture demeure indispensable aux déplacements quotidiens. Dans l'Aisne, département marqué par l'étendue de son réseau routier et l'éloignement de certains bassins d'emploi et de services, la question continue d'alimenter les discussions.

 

Face aux critiques, la loi d'orientation des mobilités de décembre 2019 avait finalement permis aux présidents des Conseils départementaux de relever à nouveau la limitation à 90 km/h sur certains axes, sous réserve de respecter les conditions réglementaires et de prendre en compte les impératifs de sécurité routière. Depuis, de nombreux Départements ont fait ce choix, totalement ou partiellement, considérant qu'une limitation uniforme ne répondait pas nécessairement aux caractéristiques de l'ensemble de leurs routes.

 

Une réflexion engagée dans l'Aisne

C'est dans ce contexte que Pierre-Jean Verzelen, président du Conseil départemental de l'Aisne, vient d'annoncer le lancement d'études préalables destinées à examiner la possibilité de rétablir les 90 km/h sur certains axes départementaux. Une annonce qui marque une nouvelle étape dans un débat récurrent entre sécurité routière, conditions de circulation et réalités des territoires ruraux.

 

Pour les automobilistes axonais, la question dépasse largement celle des quelques kilomètres par heure supplémentaires. Dans un département où les déplacements domicile-travail, l'accès aux commerces, aux établissements de santé ou encore aux services publics nécessitent souvent de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres, les conditions de circulation constituent une préoccupation quotidienne. Le Conseil départemental souhaite ainsi examiner la possibilité d'adapter les limitations aux caractéristiques des différents itinéraires, plutôt que d'appliquer systématiquement une règle identique à des routes dont la configuration et la fréquentation peuvent être très différentes.

 

« Sur le sujet des routes comme dans bien d'autres domaines, nous voulons des décisions adaptées à la réalité de nos territoires. L'Aisne ne peut pas être administrée comme si toutes ses routes présentaient les mêmes caractéristiques et les mêmes usages », souligne Pierre-Jean Verzelen.

 

Des études techniques et sécuritaires jusqu'en mars 2027

Pour autant, le retour aux 90 km/h n'est pas encore décidé. Avant toute modification, plusieurs mois d'études seront nécessaires afin d'identifier les portions du réseau départemental susceptibles de bénéficier d'un relèvement de la vitesse autorisée.

 

Ces travaux porteront notamment sur l'état des chaussées, la configuration des axes, les conditions de circulation, les risques d'accidents ainsi que les conséquences financières d'une éventuelle modification de la signalisation routière. Les enjeux de sécurité occuperont une place centrale dans les analyses, le Département devant s'assurer que les routes retenues présentent des caractéristiques compatibles avec une limitation à 90 km/h.

 

Le dossier sera piloté par Mathieu Fraise, vice-président du Conseil départemental chargé des infrastructures routières, en lien avec la commission départementale de sécurité routière. Les préconisations issues de ces études sont attendues pour mars 2027, date à laquelle les élus disposeront d'éléments techniques et financiers pour envisager les suites à donner au projet.

 

Entre sécurité routière et réalités du territoire

Le débat autour du 80 km/h reste particulièrement sensible, car il oppose deux préoccupations qui ne sont pas nécessairement incompatibles : la nécessité de limiter les accidents graves et celle de garantir des conditions de circulation adaptées aux besoins des habitants.

 

Si les défenseurs du 80 km/h mettent en avant les bénéfices d'une vitesse réduite sur la gravité des accidents et les distances de freinage, les partisans d'un retour aux 90 km/h estiment qu'une approche différenciée selon les caractéristiques des routes serait plus cohérente. Une distinction que le Conseil départemental entend précisément examiner avant de se prononcer.

 

« Nous engageons ce travail avec une ligne claire : davantage de cohérence entre la vitesse pratiquée et la réalité d'un axe de circulation, aucune décision ne sera prise sans un examen approfondi des enjeux de sécurité », insiste Pierre-Jean Verzelen.

 

Pour les automobilistes de l'Aisne, il faudra donc encore patienter avant d'envisager un éventuel changement des panneaux de limitation. Le lancement des études ne signifie pas un retour automatique aux 90 km/h sur l'ensemble du réseau départemental. La décision dépendra des conclusions techniques, des impératifs de sécurité et des choix qui seront ensuite arrêtés par le Département.

 

Avec des premières conclusions annoncées pour mars 2027, le dossier devrait continuer à faire parler de lui dans les prochains mois, tant la question de la vitesse sur les routes départementales demeure étroitement liée au quotidien des habitants de l'Aisne.

 

Hervé Boutelier

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