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Forest Automobile : six ans de prison ferme pour Frédéric Marconnet, la fin d’un rêve automobile dans l’Aisne

Forest Automobile : six ans de prison ferme pour Frédéric Marconnet, la fin d’un rêve automobile dans l’Aisne

Présentée comme une belle aventure industrielle axonaise, l’histoire de Forest Automobile s’achève devant la justice. Ce vendredi 23 octobre, le tribunal correctionnel de Laon a condamné Frédéric Marconnet à six ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Une lourde peine pour celui qui promettait de faire renaître l’esprit de la mythique Citroën Méhari.

 

En 2022, le projet avait pourtant de quoi séduire. À Pinon, dans l’Aisne, Forest Automobile ambitionnait de fabriquer un véhicule de loisirs entièrement conçu dans les Hauts-de-France. Une initiative locale, portée par la promesse d’un savoir-faire artisanal et d’une production automobile régionale.

 

Mais derrière cette belle vitrine, la réalité s’est révélée bien différente. Véhicules non homologués, défauts de fabrication, commandes jamais livrées et acomptes non remboursés : le rêve automobile a rapidement viré au cauchemar pour de nombreux clients.

 

Après quatre jours de procès, du 12 au 15 octobre, le tribunal correctionnel de Laon a rendu son jugement ce vendredi 23 octobre. Frédéric Marconnet, 58 ans, a été reconnu coupable de neuf infractions, parmi lesquelles escroquerie, pratiques commerciales trompeuses, banqueroute, blanchiment aggravé, mise en danger d’autrui, faux et usage de faux.

 

La justice a notamment retenu qu’il était le véritable dirigeant de Forest Automobile, malgré une interdiction de gérer une entreprise prononcée à son encontre en 2019.

 

Une facture judiciaire de plus de 1,3 million d’euros

Au total, 104 personnes s’étaient constituées parties civiles. Le tribunal en a reçu 83, auxquelles Frédéric Marconnet devra verser plus de 1,3 million d’euros au titre des préjudices financiers et moraux.

 

Outre les six années d’emprisonnement ferme, les magistrats ont prononcé une interdiction définitive de diriger une entreprise et d’exercer une activité professionnelle liée au secteur automobile.

 

Durant les audiences, Frédéric Marconnet a constamment contesté les faits, soutenant n’avoir été qu’un simple chef d’atelier, sans responsabilité dans la gestion de la société. Une version que le tribunal n’a pas retenue. Son avocat, Me Emmanuel Ludot, a annoncé son intention de faire appel.

 

De l’ambition industrielle au fiasco judiciaire, l’affaire Forest Automobile laisse derrière elle des dizaines de clients lésés et une image écornée de ce qui devait être une réussite entrepreneuriale dans l’Aisne.

 

Hervé Boutelier

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