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13 février 2026

Chauny–Folembray : Un convoi de mariage bloqué par une chasse à courre, plusieurs plaintes déposées

Chauny–Folembray : Un convoi de mariage bloqué par une chasse à courre, plusieurs plaintes déposées

Ce samedi 7 février 2026, un convoi de mariage circulant entre Chauny et Folembray a été contraint de s’arrêter en pleine route en raison d’une action de chasse à courre menée par l’équipage du « Rallye Nomade ». Plusieurs participants dénoncent des pratiques « illégales et dangereuses » et ont déposé plainte.

 

Ils étaient une quinzaine de voitures, décorées et klaxonnant en direction de l’église, lorsque la progression du cortège a été brutalement interrompue. « On a dû s’arrêter pour ne pas écraser les chevaux sans cavalier et la cinquantaine de chiens qui erraient au milieu de la route », raconte une témoin encore choquée.

 

Selon plusieurs occupants des véhicules, les veneurs auraient confondu le convoi avec des opposants à la chasse à courre. « On m’a accusé d’être un anti-chasse ; moi qui suis chasseur ! », s’agace l’un des conducteurs, appelant à éviter « les amalgames ». « La chasse est une pratique respectable dont l’image est régulièrement écornée par des gens qui pensent avoir tous les droits », ajoute-t-il.

 

Des accusations de manquements graves à la sécurité

Les membres du cortège, pour certains eux-mêmes chasseurs, dénoncent surtout des entorses graves aux règles de sécurité. « Ils sont inconscients : un tir non fichant, depuis la voie publique ! Tous les chasseurs savent qu’il est interdit d’utiliser une arme à feu sur les chemins et routes ouvertes au public* ! À quelques dizaines de centimètres des enfants en plus ! », affirme un témoin.

 

Le tir en question aurait été effectué en direction d’arbres situés face aux personnes immobilisées, avec, selon eux, un risque important de ricochet. L’article 1 de l’arrêté préfectoral du 28 juillet 2016, relatif à la sécurité publique et à l’usage des armes lors des actions de chasse, interdit en effet l’utilisation d’armes à feu sur les voies et chemins ouverts au public.

 

Des enfants choqués

Au-delà de la frayeur immédiate, plusieurs familles évoquent un traumatisme chez leurs jeunes enfants, âgés de 2, 4 et 6 ans. « Si nous sommes plusieurs à porter plainte aujourd’hui (9 février, NDLR), c’est surtout parce que nous n’acceptons pas la mise en danger et le traumatisme de nos enfants », confie une mère.

 

Sa fille de quatre ans aurait été profondément marquée par la scène. « Elle tremblait de tous ses membres en répétant : “C’est la première fois que je vois un cerf et ils vont le tuer”. » La mère explique avoir tenté de la rassurer, alors que l’animal aurait déjà été dagué à proximité.

 

Les plaignants évoquent également des insultes et des menaces reçues après avoir relaté les faits sur les réseaux sociaux : « débiles », « cas sociaux », ou encore « pour préserver vos enfants, vous devriez rester chez vous ». Ils affirment ne pas vouloir « céder à l’intimidation » et estiment avoir circulé « dans leur bon droit sur la voie publique ».

 

Plusieurs plaintes ont été déposées, notamment pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui (article 121-3 du code pénal).

 

Versions contradictoires

Un habitant de Bassoles-Aulers, qui aurait assisté à la mise à mort d’un cerf sur sa propriété la semaine précédente, aurait également déposé plainte avant de la retirer, évoquant des pressions. Il affirme qu’une balle l’aurait frôlé.

 

De son côté, Édouard Bonduelle, chargé de communication de la Société de vénerie de Picardie — absent lors des faits — présente une version sensiblement différente. Il évoque la présence « d’une dizaine de chiens » et assure qu’un « tireur expérimenté » a effectué « un tir en toute sécurité à moins de quatre mètres, fichant ». Il conteste également que l’animal ait été dagué au moment évoqué par les témoins.

 

Reconnaissant comprendre l’émotion suscitée, il se dit « désolé » de la situation. Un communiqué de presse de la société de vénerie devrait être publié dans les prochains jours.

 

L’enquête devra désormais déterminer les circonstances exactes des faits et d’éventuelles responsabilités.


* Arrêté préfectoral du 28 juillet 2016 relatif à la sécurité publique et à l’usage des armes lors des actions de chasse et de destruction.

 

Hervé Boutelier

Avec Léo Decasse (Le Démocrate de l’Aisne)

Photo Wikipedia par Léonorpoiret — Travail personnel

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