José Bertheau-Agapito tire sa révérence : un directeur pas comme les autres quitte la prison de Laon pour une retraite bien méritée
Arrivé à Laon en août 2022, José Bertheau-Agapito a annoncé son départ en retraite et va officiellement quitté ses fonctions de directeur de l’établissement pénitentiaire fin août 2025. Une page se tourne pour cet homme au parcours aussi riche qu’atypique, qui s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de sa vie dans le Lot, où il goûtera enfin à une retraite bien méritée.
C’est une figure discrète mais marquante de l’administration pénitentiaire qui s’apprête à quitter la scène. José Bertheau-Agapito, directeur du centre pénitentiaire de Laon depuis le 1er décembre 2022, a passé le relais après près de trois années de service dans l’Aisne. Un départ salué avec émotion par ses équipes, tant l’homme a su, par son approche humaine et son parcours singulier, marquer de son empreinte la vie de l’établissement.
Un Breton au parcours atypique
Originaire de Belle-Île-en-Mer, José Bertheau-Agapito n’est pas de ceux qui ont tracé un chemin rectiligne vers la fonction publique. Attaché à sa Bretagne natale, il y a grandi, étudié, notamment à Brest, et s’est longtemps projeté vers une carrière... dans la domotique. Mais c’est finalement l’uniforme qui l’a appelé : engagé dans les troupes de parachutistes du prestigieux 1er RPIMa à Bayonne, il y passe trois années formatrices, qui poseront les bases d’une rigueur et d’un engagement qui ne le quitteront plus.
« Au départ, je voulais faire de la domotique, mais au final, je me suis engagé dans les paras. J’y suis resté trois ans, puis j’ai obtenu un master en management. Pendant un an, j’ai cherché du travail, j’ai passé des concours, et le hasard m’a conduit à réussir celui de surveillant pénitentiaire », confie-t-il avec un mélange d’humilité et de fierté.
Une carrière forgée par les mutations
Entré dans la pénitentiaire en 1987 à Lyon, José Bertheau-Agapito gravit les échelons avec ténacité. À force de concours internes et de mutations, il devient chef d’établissement, dirigeant successivement les maisons d’arrêt d’Agen, Bourges, puis Montauban. Partout où il passe, il laisse l’image d’un directeur à l’écoute, exigeant mais respectueux, profondément engagé dans sa mission.
C’est en août 2022 qu’il arrive à Laon. Il y prend officiellement ses fonctions de directeur le 1er décembre 2022, s’attelant avec énergie aux défis de cette maison d’arrêt emblématique du territoire. Son passage, bien que bref à l’échelle d’une carrière, aura été marqué par une volonté constante d’amélioration des conditions de travail des agents, de dialogue avec les partenaires institutionnels, et d’humanité dans la gestion quotidienne de l’établissement.
Un homme de passion et de convictions
Sportif accompli, José Bertheau-Agapito ne se contente pas d’un engagement professionnel sans faille : c’est aussi un passionné de rugby, de moto et d’arts martiaux. Il pratique notamment le Krav Maga, une discipline exigeante issue de l’armée israélienne, reflet de son goût pour la rigueur et le dépassement de soi.
Son départ à la retraite ne signifie pas pour autant une coupure avec la vie active. Il entend bien profiter de cette nouvelle étape dans le Lot, un territoire qu’il découvre avec plaisir. « Je vais y trouvé une douceur de vivre très agréable. J’aime pouvoir aller faire mon marché à pied, sans stress », explique-t-il, soulignant son attachement à une qualité de vie simple, loin des tumultes des grandes métropoles.
Un départ salué avec émotion
À l’occasion de son départ, collègues, personnels pénitentiaires, partenaires institutionnels et amis ont tenu à saluer l’homme et le professionnel. Tous évoquent un directeur droit, pragmatique, respecté, dont la discrétion n’a jamais masqué la profondeur d’engagement.
Alors que José Bertheau-Agapito s’apprête à poser ses valises dans le Lot, son parcours rappelle combien l’univers carcéral regorge de trajectoires de vie singulières, souvent méconnues du grand public. Le parcours de cet ancien parachutiste devenu chef d’établissement, entre exigence et humanité, en est une éclatante illustration.
Il laisse derrière lui une équipe soudée, un établissement stable, et un souvenir tenace de ce que signifie diriger avec cœur et conviction. À l’heure de tourner la page, une chose est sûre : José Bertheau-Agapito aura su marquer les esprits à Laon comme ailleurs, sans jamais rien sacrifier de ses valeurs.
/image%2F1434226%2F20250626%2Fob_ccfa75_jose.png)