Saint-Quentin : un enfant décède du syndrome hémolytique et urémique, six autres cas en cours d’investigation
Santé publique France et l’ARS alertent après la survenue de sept cas de diarrhées glairo-sanglantes chez des enfants âgés de 1 à 12 ans, dont quatre ont développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU). Un enfant est décédé.
Sept jeunes enfants résidant à Saint-Quentin et dans ses environs ont été récemment touchés par une infection digestive sévère, selon les autorités sanitaires. Entre le 12 et le 17 juin, ces enfants ont présenté des symptômes de diarrhée glairo-sanglante. Quatre d’entre eux ont développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une complication rare mais grave. L’un des enfants, âgé de 12 ans et domicilié à Saint-Quentin, est décédé le 16 juin.
L’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France et Santé publique France (SPF) ont immédiatement lancé une enquête épidémiologique afin d’identifier l’origine de cette contamination. Des analyses biologiques sont en cours pour déterminer la souche bactérienne en cause et établir si elle est commune à l’ensemble des enfants touchés.
Pas d’origine alimentaire ou scolaire clairement identifiée à ce stade
Selon les premières informations issues des investigations, aucun repas en commun n’a pu être identifié entre les enfants concernés. De plus, ceux-ci ne fréquentent pas tous les mêmes établissements scolaires ou structures collectives. Les sources d’approvisionnement alimentaire des familles sont par ailleurs diverses, ce qui rend l’identification d’une cause commune plus complexe.
Les six autres enfants ont tous été pris en charge aux urgences du centre hospitalier de Saint-Quentin entre le 13 et le 18 juin. Trois d’entre eux présentent également un SHU, une affection nécessitant une prise en charge médicale urgente.
Le SHU, une complication rare mais sévère
Le syndrome hémolytique et urémique est une complication grave, souvent causée par une infection à Escherichia coli (E. coli) productrice de shigatoxines. Cette bactérie, le plus souvent transmise par voie alimentaire, provoque dans un premier temps des diarrhées parfois sanglantes, des douleurs abdominales et des vomissements. Dans les jours qui suivent, l’infection peut évoluer vers une forme sévère, caractérisée par une insuffisance rénale aiguë, une grande fatigue, une pâleur et une diminution importante du volume des urines.
Chaque année, entre 100 et 165 cas de SHU sont recensés chez les enfants en France.
Appel à la vigilance et recommandations sanitaires
Les autorités sanitaires appellent les parents à une vigilance accrue. En cas de diarrhées sanglantes chez un enfant, il est impératif de consulter rapidement un médecin ou d’appeler le 15. La transmission interhumaine est possible, notamment dans les milieux familiaux ou collectifs accueillant de jeunes enfants.
Afin de limiter les risques d’infection alimentaire, des mesures d’hygiène rigoureuses sont recommandées :
-Lavez-vous les mains systématiquement avant de cuisiner ou de manger.
-Ne donnez pas de lait cru ni de produits à base de lait cru aux enfants de moins de 5 ans.
-Lavez soigneusement les fruits, légumes et herbes, surtout s’ils sont consommés crus.
-Séparez bien les aliments crus des aliments cuits.
-Conservez rapidement les plats cuisinés et réchauffez-les suffisamment avant consommation.
-Nettoyez soigneusement les ustensiles de cuisine et les surfaces de travail.
-Évitez que les enfants boivent de l’eau non traitée (puits, rivières, lacs).
-Faites toujours cuire les viandes à cœur.
Des investigations toujours en cours
L’enquête menée par l’ARS et Santé publique France se poursuit pour identifier la source exacte de la contamination. À ce stade, l’origine de l’intoxication reste inconnue.
Pour plus d’informations sur le SHU et les mesures de prévention, les autorités invitent le public à consulter le site de Santé publique France : Syndrome hémolytique et urémique – Santé publique France.
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