Visite ministérielle dans l’Aisne : Aurore Bergé renforce les dispositifs contre les violences faites aux femmes
Alors que 41 féminicides ont été recensés en France depuis le début de l’année, dont deux tragiquement dans le département de l’Aisne, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, s’est rendue ce vendredi 20 juin 2025 à Laon pour faire le point sur les dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes et annoncer des mesures concrètes en faveur des victimes.
Un moment critique : la séparation, un danger accru
Dans 50 % des cas, les femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint s’apprêtaient à le quitter. Une donnée alarmante qui rappelle à quel point le moment de la séparation est périlleux. En parallèle, 57 enfants sont devenus orphelins depuis janvier, victimes invisibles et trop souvent oubliées de ces violences. Ces chiffres tragiques imposent une mobilisation sans relâche.
Des mesures renforcées pour une prise en charge immédiate et globale
Aurore Bergé a tenu une réunion de travail à la gendarmerie départementale de Laon, réunissant autorités judiciaires, forces de l’ordre, secteur médico-social et associations. L’objectif : dresser un état des lieux précis des réponses locales aux violences intrafamiliales et coordonner les actions futures.
À cette occasion, la ministre a annoncé la mise en œuvre, dès à présent, d’un dispositif permettant aux femmes victimes de violences conjugales, sexistes et sexuelles de porter plainte directement depuis tous les établissements de santé du département de l’Aisne. Cette mesure s’accompagne de la possibilité de recueillir des preuves, même sans dépôt de plainte, afin d’assurer une meilleure traçabilité des faits. Une avancée majeure quand on sait que seules 14 % des victimes de violences intrafamiliales s’adressent aux forces de l’ordre, et qu’il faut en moyenne 128 jours pour que 75 % d’entre elles déposent plainte.
La matinée s’est conclue par la signature officielle de la convention actualisée sur le dépôt de plainte en milieu hospitalier, marquant une étape clé dans l’amélioration de l’accueil et de la prise en charge des victimes.
Pacte SAT 3 : un engagement territorial fort
Ce déplacement s’inscrit également dans le prolongement du Pacte Sambre-Avesnois-Thiérache (SAT), initié par le Président de la République pour revitaliser ce territoire rural. Le troisième volet de ce pacte, consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes, vise à renforcer durablement la présence de l’État auprès des victimes et des professionnels engagés sur le terrain.
Échanges avec les habitants et hommage à l’artisanat féminin
À Laon, la ministre a également pris le temps d’échanger avec les habitants et les commerçants aux côtés d’Éric Delhaye, maire de Laon, et de Nicolas Fricoteaux, président du conseil départemental.
Ces rencontres ont permis d’aborder les enjeux d’égalité dans le tissu économique local.
Un déjeuner rassemblant une centaine de femmes engagées dans le département, ainsi que plusieurs acteurs associatifs et institutionnels, a offert un moment de partage et de valorisation des initiatives locales en faveur de l’égalité et de la lutte contre les violences.
L’École du cuir, symbole d’émancipation et de reconversion
L’après-midi s’est poursuivi au Domaine d’Épagny, à l’École du cuir, pôle d’excellence reconnu dans les métiers rares du cuir, du design et de l’artisanat d’art. Réhabilité en zone rurale, le site a déjà formé 400 apprenants depuis 2017. Un chiffre marquant : les femmes représentent désormais 50 % des effectifs, contre seulement 10 % à l’ouverture.
La ministre a annoncé son soutien à la création d’une Maison des savoir-faire, lieu dédié à la transmission des métiers d’art et à l’accompagnement des femmes artisanes. Cette future structure comprendra une résidence d’artistes et un atelier de création, témoignant de la volonté de valoriser les talents féminins dans des secteurs souvent méconnus mais porteurs.
Un engagement durable contre les violences et pour l’égalité
Par cette visite, Aurore Bergé affirme l’engagement fort de l’État à faire reculer les violences faites aux femmes et à soutenir les parcours de résilience. La coordination entre institutions, services sociaux, associations et citoyens est plus que jamais indispensable pour enrayer ce fléau. Le département de l’Aisne, trop souvent endeuillé, devient aujourd’hui un territoire pilote de dispositifs innovants et concrets, plaçant les femmes au cœur de l’action publique.
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