Municipales 2026 à Laon : le PCF se retire du programme commun de la gauche
C’est par un communiqué officiel de sa section locale que le Parti communiste français (PCF) de Laon a annoncé une décision lourde de conséquences pour la préparation des élections municipales de mars 2026. Les communistes laonnois indiquent en effet cesser leur participation au groupe de travail chargé d’élaborer un programme municipal commun de gauche. Une annonce qui révèle des tensions politiques croissantes au sein d’un processus initialement présenté comme un espace de dialogue « enrichissant et fraternel ».
Un travail collectif initialement porteur d’espoir
Depuis plusieurs mois, différentes forces de gauche du Laonnois se réunissaient dans l’objectif de bâtir un programme municipal partagé, capable de proposer une alternative crédible à la majorité sortante et de faire barrage à la droite et à l’extrême droite. Selon le PCF, ces travaux reposaient à l’origine sur une dynamique constructive, inspirée d’une union des partis de gauche et écologistes, réunissant notamment le Parti socialiste (PS), les Verts, le PCF et La France insoumise (LFI).
Les communistes soulignent que cette phase initiale avait permis des échanges respectueux, nourris par des valeurs communes, et l’émergence de propositions municipales faisant l’objet d’accords larges. Une démarche qui s’inscrivait, localement, dans l’esprit de convergence politique ayant précédé puis accompagné la création du Nouveau Front Populaire (NFP) au niveau national.
Une dégradation du climat politique
Cependant, le communiqué pointe un tournant décisif dans cette dynamique. Le PCF de Laon évoque une « arrivée imposée, sans débat préalable » de membres du Parti radical de gauche (PRG) et de Place Publique au sein du groupe de travail. Une intégration vécue comme brutale et contraire aux méthodes de discussion collective jusque-là en vigueur.
Pour les communistes, cette évolution a profondément altéré l’ambiance et l’esprit des réunions. Ils estiment que les positions politiques, tant nationales qu’internationales, portées par ces mouvements sont « trop éloignées du programme du NFP », et qu’aucun véritable débat local n’a été engagé pour confronter ces divergences avant d’envisager une éventuelle liste commune à Laon.
Des désaccords de fond sur le contenu du programme
Au-delà des questions de méthode, le PCF met également en avant des désaccords substantiels sur le fond. Les propositions municipales actuellement discutées ne reprendraient plus, selon lui, les orientations et engagements qui avaient pourtant fait consensus lors des premières phases de travail. Les communistes dénoncent un éloignement progressif des bases programmatiques issues de l’union de la gauche et des écologistes, au profit de compromis jugés flous ou déconnectés des priorités sociales, démocratiques et écologiques initialement défendues.
Cette évolution est perçue comme une remise en cause du travail militant déjà accompli et comme le signe d’« arrangements d’appareils » ou d’« aventures personnelles » incompatibles avec les valeurs portées par le PCF local.
« Rester fidèles à nos valeurs »
Dans son communiqué, la section de Laon affirme clairement sa volonté de rester fidèle à ses convictions de gauche. Pour les communistes du Laonnois, il n’est pas question de « diluer » leurs idées ni leur engagement militant dans une construction politique qu’ils estiment désormais incohérente.
Pour autant, le PCF ne ferme pas la porte à toute perspective de rassemblement. Il appelle ses électeurs à soutenir « toute liste de progrès, démocrate, républicaine, écologique et sociale », affirmant ainsi sa priorité : faire obstacle, à Laon comme ailleurs, à la droite et à l’extrême droite.
Une volonté de poursuivre la convergence, sous conditions
Enfin, les communistes laonnois réaffirment leur souhait de poursuivre les travaux de convergence politique sur des bases claires. Ils se disent prêts à continuer à œuvrer pour Laon et le Laonnois « en commun », mais précisent : « pas n’importe comment, ni avec n’importe qui ».
Ils appellent ainsi à reprendre les échanges à partir des choix politiques et programmatiques initialement partagés entre le PS, les Verts, le PCF, LFI, ainsi que les forces démocrates et républicaines, dans la continuité de l’esprit qui avait présidé à la création du Nouveau Front Populaire.
À deux mois des élections municipales, cette prise de position du PCF de Laon souligne les difficultés persistantes de l’union de la gauche au niveau local. Elle ouvre aussi une période d’incertitude quant à la configuration des futures listes et aux équilibres politiques qui se dessineront pour le scrutin de mars 2026 dans la cité médiévale.
Hervé Boutelier
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