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20 mai 2026

La municipalité de Laon défend son ambitieux projet pour le quartier de la gare et veut rassurer « Mon Coin Brocante »

La municipalité de Laon défend son ambitieux projet pour le quartier de la gare et veut rassurer « Mon Coin Brocante »

À Laon, le vaste projet de recomposition urbaine du quartier de la gare continue de susciter débats et interrogations. Après les inquiétudes exprimées ces derniers jours autour du devenir du commerce « Mon Coin Brocante », installé rue Jean Moulin, la municipalité a souhaité clarifier sa position et réaffirmer les ambitions de transformation de ce secteur considéré comme stratégique pour l’avenir du cœur de ville.

 

Pour la Ville, la requalification du quartier de la gare constitue aujourd’hui une priorité majeure. L’objectif affiché est double : redonner de l’attractivité au centre-ville tout en luttant durablement contre la vacance commerciale et résidentielle qui fragilise depuis plusieurs années certains secteurs urbains.

 

Un quartier de la gare appelé à devenir un nouveau pôle d’attractivité

Le projet porté par la municipalité prévoit une transformation profonde du quartier. Dans cette vision d’ensemble figurent plusieurs opérations structurantes : la création de nouveaux espaces publics, le développement de solutions de stationnement, l’implantation d’une résidence intergénérationnelle mais aussi la création d’un multiplex cinématographique.

 

Pour la mairie, il ne s’agit pas uniquement d’un projet d’aménagement urbain, mais d’un véritable levier économique destiné à redynamiser le cœur historique de Laon.

 

La collectivité insiste particulièrement sur l’importance du futur cinéma dans cette stratégie globale. Le multiplex, porté par le groupe Majestic, est considéré comme un équipement structurant capable de générer une fréquentation importante et régulière du centre-ville.

 

« Un choix militant pour nos commerces »

La municipalité assume pleinement ce positionnement. Selon elle, implanter le futur cinéma en centre-ville plutôt qu’en périphérie relève d’un « choix politique clair et assumé ».

 

« Un cinéma est une locomotive économique incontournable », fait savoir la mairie. Derrière cette affirmation, la Ville met en avant les retombées directes qu’un tel équipement pourrait générer pour les restaurants, cafés, commerces et services du centre-ville.

 

Les élus estiment qu’un départ du projet vers une zone périphérique reviendrait à détourner un flux de clientèle essentiel à la vitalité économique du cœur urbain. Dans un contexte où de nombreuses villes moyennes cherchent à redynamiser leurs centres anciens, Laon souhaite donc conserver cette activité au plus près de ses commerces traditionnels.

 

Pour la municipalité, « c’est l’intérêt général et la santé économique de tout le tissu commercial local qui dictent ce choix ».

 

Le rôle de l’EPF au cœur du dispositif

Afin de mener à bien cette opération de grande ampleur, la Ville s’appuie sur l’Établissement Public Foncier (EPF) des Hauts-de-France. Une convention de cinq ans a ainsi été approuvée par l’ancien Conseil municipal le 9 février 2026.

 

La mission de l’EPF consiste notamment à accompagner la collectivité dans la négociation, l’acquisition et le portage foncier des biens concernés par le projet urbain. L’objectif est également de permettre la valorisation progressive des friches ferroviaires présentes dans le secteur.

 

Dans ce cadre, lors du Conseil municipal du 29 mars 2026, la Ville a notamment délégué à l’EPF son droit de préemption urbain sur plusieurs biens situés rue Jean Moulin.

 

Mais face aux inquiétudes et aux réactions apparues sur les réseaux sociaux, la municipalité tient à apporter une précision importante : la préemption ne signifie pas expropriation.

 

Préemption ne veut pas dire expulsion

La Ville souhaite aujourd’hui « dissiper certaines confusions ». Elle rappelle que le droit de préemption urbain permet simplement à la puissance publique de se substituer à un acquéreur lorsqu’un propriétaire décide de vendre son bien.

 

Autrement dit, la procédure n’intervient qu’à l’occasion d’une vente volontaire. Elle ne constitue ni une mesure d’expulsion ni une procédure de démolition automatique.

 

La municipalité insiste également sur le fait que la stratégie menée avec l’EPF privilégie avant tout « la voie amiable ».

 

Dans ce dossier sensible, la mairie cherche donc à calmer les tensions et à éviter l’installation d’un climat anxiogène parmi les commerçants et habitants du quartier.

 

« Mon Coin Brocante » au centre des interrogations

Les inquiétudes se sont cristallisées autour de la boutique « Mon Coin Brocante », située au 39 rue Jean Moulin. Depuis plusieurs jours, des publications relayées sur les réseaux sociaux évoquaient la possibilité que le commerce soit menacé de destruction dans le cadre du futur aménagement.

 

Une version des faits que la municipalité réfute fermement.

« Aucune expulsion ni démolition imminente n’est à l’ordre du jour », affirme la Ville de Laon, qui assure vouloir rassurer les habitants.

 

Le commerce, dirigé par Arnaud Patat, avait ouvert ses portes en octobre 2024. Rapidement, l’enseigne s’est imposée comme une adresse fréquentée et appréciée, contribuant à l’animation du quartier.

 

La municipalité reconnaît d’ailleurs explicitement « la réussite du concept », saluant un commerce qui « attire du monde et participe à la dynamique du quartier ».

 

Une transaction qui active mécaniquement le droit de préemption

Selon les éléments communiqués par la mairie, Arnaud Patat est actuellement locataire des locaux qu’il occupe. Toutefois, il aurait récemment signé un acte unilatéral d’achat afin d’acquérir les murs du bâtiment.

 

C’est précisément cette transaction qui déclenche le mécanisme légal du droit de préemption urbain.

 

Dans un courrier adressé à la mairie le 17 mai 2026, puis relayé sur les réseaux sociaux, le commerçant aurait exprimé son attachement au local ainsi que ses inquiétudes concernant l’avenir de son activité. Il aurait également proposé plusieurs pistes de solutions afin de préserver son commerce.

 

La mairie appelle au dialogue

Face à cette situation, la Ville affirme vouloir privilégier l’échange plutôt que l’affrontement. « Notre objectif n’est pas d’opposer les projets », indique-t-elle.

 

La municipalité assure vouloir rechercher « un équilibre » entre la transformation du quartier de la gare et le maintien d’une activité commerciale dynamique de proximité.

 

Dans un contexte où les projets urbains suscitent souvent tensions et incompréhensions, l’exécutif local tente désormais de réaffirmer sa volonté de concertation.

 

Reste que le dossier du quartier de la gare apparaît désormais comme l’un des grands chantiers politiques et urbains des prochaines années à Laon. Entre ambitions de modernisation, enjeux économiques et préoccupations des commerçants, la collectivité devra trouver une voie de compromis capable de concilier transformation urbaine et préservation du tissu local existant.

 

Hervé Boutelier

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